lundi 10 décembre 2007

Restos du coeur d'Albi : l'hypocrisie continue !

Me voici dans l'obligation de revenir sur le sujet de mon billet précédent, impliqué que je suis depuis vendredi dans cette manoeuvre.

Vendredi, donc, les cinq "exclues" sont convoquées au bureau départemental. Bien que ne faisant plus partie de l'association (on a refusé de les inscrire le 26 novembre), il leur est spécifié qu'elles sont radiées des Restos du coeur, car elles se sont rendues coupables d'avoir porté l'affaire sur la place publique ! Pour "preuve", une photocopie d'un commentaire posté sur un article paru sur le site internet du journal régional, commentaire correspondant à un "copié/collé" de mon billet. Me concernant, aucun probléme : ce billet est fait pour être lu et éventuellement utilisé. Mais, concernant les responsables des Restos, cela semble être un drame : on ose évoquer leurs faits et gestes dans la presse ! Auraient-ils donc honte des actions qu'ils mènent depuis un mois et demi qu'il faille les cacher ?

Souvenez-vous de mon billet précédent : le 26 novembre,suite à la pseudo-démission collective, on refuse d'inscrire les cinq "exclues". Le 7 décembre, on leur signifie qu'elles sont radiées pour avoir porté l'affaire sur la place publique ! Les maîtres de l'absurde sont battus à plate-couture : cinq personnes radiées d'une association dont elles ne font pas partie ! Si la situation n'était pas si injuste, elle en deviendrait presque comique. Mais comme depuis le début de cette histoire, aucune raison ne peut être avancée pour justifier les exclusions, il faut bien tenter de se rattacher à la moindre branche passant à sa portée ...

Jusqu'où seront repoussées les frontières du ridicule ? A l'heure à laquelle ce billet est rédigé, nous n'en savons encore rien. J'oserai presque dire que nous attendons la suite avec impatience ...

(La semaine dernière, les cinq "exclues" ont rencontré les bénéficiaires pour leur expliquer pourquoi ils ne les verraient plus lors des distributions. Elles ont reçu un soutien très fortement majoritaire, certains bénéficiaires demandant ce qu'ils pouvaient faire pour les aider, d'autres évoquant une pétition qu'ils pourraient faire signer. Ces marques de sympathie surpassent largement tous les coups bas qu'elles ont pu subir; elles arrivent à rehausser un moral souvent en baisse ces derniers temps.)


Ces quelques mots pour ne pas oublier ... Ces quelques mots pour que cette situation ne se reproduise jamais, ni au Restos du coeur, ni dans une autre association, ni à Albi, ni ailleurs ...

mardi 27 novembre 2007

Des exclusions aux Restos du cœur d’Albi !

Elles seront cinq à ne pas avoir le droit de venir en aide aux bénéficiaires des Restos du cœur d’Albi, en cette saison 2007-2008. Cinq qui, après plusieurs années au service des plus démunis, quatorze ans pour la plus ancienne, ne seront plus autorisées à distribuer, à échanger un sourire et quelques paroles avec ces personnes auxquelles elles ont consacré tant d’heures, sans les compter, uniquement pour leur permettre de bénéficier de ce nécessaire auquel chacun de nous devrait avoir droit.

Devinez leur surprise, en ce début de saison, lorsqu’elles ont appris qu’on ne voulait plus d’elles. Leur surprise encore plus grande lorsqu’on ne leur a pas fourni la moindre raison, ni officieuse ni officielle, à cette exclusion. Leur surprise toujours lorsqu’elles ont été convoquées pour passer devant le « tribunal des Restos » qui leur signifiait cette exclusion qui fait si mal.


Elles n’étaient pas toujours d’accord avec la responsable ; elles le faisaient parfois savoir, avec leur caractère, posé pour certaines, plus trempé pour d’autres. Serait-ce cela qu’on leur reproche ? De ne pas avoir été des moutons ou des béni-oui-oui ? Le fondateur des Restos en était-il un ? Le fondateur des Restos aurait-il aimé travailler avec des collaborateurs dociles et soumis ? Mais n’est pas Coluche qui veut ...


Une première tentative ne donne pas le résultat souhaité. Qu’à cela ne tienne, d'autres instances se chargeront du « sale boulot ». Une lettre signifiant à une future exclue que l’on ne « souhaite pas qu’elle fasse acte de bénévolat » pour cette saison. Une proposition inacceptable à cette même personne. Des convocations pour les quatre autres, comme des licenciées pour faute grave. Et le fameux passage devant leurs collègues qui ont voté leur exclusion.
Mais une volonté à toute épreuve, forte de leur désir de continuer à œuvrer au contact des bénéficiaires, rend caduque cette nouvelle opération.
Alors, le grand jeu est sorti : tous les bénévoles sont « démissionnés », une nouvelle inscription est planifiée. Et, bis repetita, nouvelle proposition factice : « Soit vous acceptez, soit nous ne vous inscrivons pas en tant que bénévole » !!!
De convocations ridicules en « tribunal » bidon, d’exclusion sans fondement en démission collective, rien n'aura été trop fort pour arriver au but fixé, pas même le recours à la diffamation et la diffusion de fausses rumeurs.


Il reste dorénavant aux cinq ex-bénévoles à se reposer sur la direction nationale, afin d’obtenir un jugement équitable et la réparation de ce qu’elles considèrent comme une injustice, injustice qui va à l’encontre de la mission que se sont fixés les Restos du cœur.
Il reste aussi, et surtout, les paroles réconfortantes des bénéficiaires croisés dans les rues d’Albi et qui, en découvrant ce qui s’est passé, n’en croient pas leurs oreilles. Les agissements de tel ou tel responsable ne sont rien face à des bénéficiaires qui affirment : « La nourriture, c’est important. Mais le plus important avec vous, c’est que vous avez toujours le sourire et des paroles réconfortantes ».


Les responsables de cette exclusion s’arrangeront avec leur conscience, entourés d’une équipe toute acquise à leur cause.


Les « exclues » garderont pour toujours leurs souvenirs des moments passés au contact de tous les gens auxquels elles ont toujours tenté d’apporter du réconfort ; elles garderont en mémoire leurs sourires, leurs saluts, les paroles échangées. Et la satisfaction d’avoir agi en faveur de ceux qui souffrent, dans la droite ligne de ce que souhaitait Coluche que trop de monde a tendance à oublier aujourd’hui.

mardi 20 novembre 2007

Lettre d'Armen, de Montauban ...

"Ma petite maman chérie, mon grande sœur adorée, mon petit papa aimé,
Le 25 septembre dernier, des policiers sont venus me chercher à mon école. Monsieur le Directeur a posé des questions mais ils lui ont menti parce qu’ils voulaient m’amener à tout prix.
Je ne comprends pas ce qui s’est passé ; je ne comprends pas pourquoi ces policiers m’en veulent. Je suis encore un enfant ; je n’ai fait de mal à personne. On aurait dit que j’étais coupable de quelque chose : vous vous imaginez, je suis sorti de l’école encadré par des policiers, devant tous mes copains et leurs parents ! Comme si j’étais un voleur ou comme si j’avais tué quelqu’un ! Je n’oublierai jamais cette journée.
Pourtant, la France, pour nous, c’était l’espoir d’une vie meilleure, Montauban, c’était notre ville, l’école Ferdinand Buisson, c’était notre école. On ne voulait déranger personne ; on voulait seulement vivre, au milieu de nos nouveaux amis.
Maintenant, on nous a mis dans une prison qu’ils appellent Centre de rétention. Nous sommes à Cornebarieu, à côté de Toulouse, vous savez, cette ville qui a accueilli tant de républicains espagnols qui, eux aussi, voulaient vivre une vie meilleure, loin de la dictature. Monsieur le Maire de Toulouse est un ami des républicains espagnols ; peut-être qu’il va nous aider.
Mes amis, mes copains, mes professeurs, monsieur le directeur de l’école Ferdinand Buisson, je vais partir. Ils veulent que je parte. Il paraît que je suis un danger pour votre pays et pour votre tranquillité.
Maman chérie, grande sœur, petit papa, je cherche et ne trouve pas les raisons pour lesquelles ces policiers sont venus me chercher, je cherche et ne trouve pas pourquoi le Président de la France veut se souvenir du22 octobre 1941 et pourquoi il ne veut pas regarder ce qui s’est passé le 25 septembre 2007.
A quoi ça sert de se souvenir ?
Ce que je vous demande à vous trois, c’est d’être courageux : on va peut-être se retrouver au Montenegro, on va peut-être se retrouver en Albanie, loin de Montauban et loin de la France, mais il faut rester courageux. Il faut garder l’espoir.
En France, il y a encore des gens qui pensent à nous, qui vont tout faire pour nous aider. Mes copains ne m’ont pas oublié, j’en suis sûr, mon maître et mon directeur non plus.
Je suis encore petit mais je sais qu’on doit encore parler de nous pour que mon histoire n’arrive pas à d’autres enfants, que d’autres policiers français ne viennent pas les chercher dans leur école, devant leurs camarades et leurs parents.Maman , Papa, Marseda, vous savez, il paraît que Ferdinand Buisson est le fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme. Moi j’aimerai bien que le Président de la France il m’explique ce que c’est, les Droits de l’Homme, et quel jour il va décider de parler à tous les écoliers de France de Ferdinand Buisson. Parce que moi, je ne comprends plus ce que ça veut dire, Droits de l’Homme.
Je n’ai que sept ans mais je vous promets de vous aider de toutes mes forces. Ces forces, c’est tous les gens qui pensent encore à nous qui me les donnent.
Votre Armen qui vous aime »